L’APPEL DU DÉSERT – 10

Jour 8 : On repart ?

Samedi 24 janvier 2026.

C’est la fin…

Ce matin, pas d’échappatoire possible, il faut partir. Quitter la Mauritanie, se séparer de ce groupe au sein duquel nous avons vécu une semaine forte, inattendue et inoubliable, reprendre le cours de nos vies, mais assurément,

Il y aura un avant et un après…

Heureusement, il nous reste quelques heures entre deux mondes. On grapille ce que l’on peut, et la queue totalement désordonnée à l’aéroport est presque « agréable », ou tout du moins amusante. Une queue pour s’enregistrer, une autre pour le contrôle des bagages, une troisième pour enregistrer son bagage, une dernière pour le passage dans le portique de sécurité, le tout au milieu d’un mix de personnel et de militaires. Beaucoup de monde pour une efficacité toute relative, signe que nous reprenons bien vite nos habitudes et exigences de productivité, d’organisation optimale et de perte de temps minimale.

Mais à quoi bon, puisque de toutes façons, il n’y a qu’un avion, qui n’est pas encore arrivé, et que nous monterons tous dedans ! L’attente qui suit, à boire du café et faire quelques derniers achats de verres à thé, Vache qui rit et autres biscuits du chamelier, nous permet de passer en revue nos meilleurs moments et mettre en place la stratégie du partage de photos, pour éviter de songer à comment nous nous dirons au revoir, la boule au ventre, les larmes aux yeux, quelques heures plus tard.

Les jours d’après

Revivre cette semaine en Mauritanie, en mots et en photos fut pour ma part une manière salutaire d’atterrir en douceur. Difficile de résumer, de conclure, de tourner la page. Juste quelques derniers mots qui résonnent encore fort en moi :

  • Une expérience brute, sensorielle, immersive
  • Des journées baignées de lumière, des couleurs, du bleu profond, de l’ocre, du jaune
  • Le sable, les dunes, la minéralité, l’ivresse du vent
  • Le silence apaisant, la beauté majestueuse, l’horizon à 360 degrés
  • La voûte céleste, enveloppante et infinie, l’émotion intense
  • Le groupe soudé, instinctivement, naturellement
  • Les moments de solitude, se retrouver soi-même
  • Le parfum du thé à la menthe, les dromadaires, dociles, impassibles et fiers, en osmose avec les éléments
  • La chaleur humaine combinée à la pudeur discrète des Mauritaniens rencontrés, notre exceptionnel guide Mohamed

Impressions mêlées de notre mythique « Bande à Adrar »

Hélène :

La Mauritanie, le désert… Qu’allais-je donc y chercher ?

Le silence, l’aventure, la beauté du monde, son origine, les étoiles, mes rêves d’enfant. L’amitié, la marche, la rencontre avec d’autres, la confrontation avec moi-même, la vie nomade, le dépassement de soi, la solidarité dans l’effort. L’infini, l’absolu, la nature à l’état pur, la déconnexion, le Petit Prince, l’horizon…

Et qu’y ai-je donc trouvé ?

Tout, en condensé et en déploiement, chaque instant d’une rare densité, le temps qui s’étire… Et un émerveillement qui chaque jour m’a gagnée, au-delà de toute attente.

Pascal :

Le désert, j’en avais envie mais je ne savais pas quoi en attendre… Et puis, après ces quelques jours hors du temps et de l’espace, le désert a laissé une vraie trace en moi, dans mon cœur et dans ma tête.

Bien plus qu’un voyage, c’est le silence, la lenteur, l’immensité, le bruit du vent, la beauté des couleurs de l’aube et des ciels étoilés.

Le désert reste pour moi une expérience inédite, bien au-delà d’un dépaysement total.

Ce sont de belles rencontres, de l’émerveillement face aux couleurs et aux contrastes… Et c’est surtout d’avoir goûté le temps de prendre le temps, de me sentir en paix, d’avoir pu renouer avec l’essentiel, la sérénité… En total contraste avec certaines absurdités de notre monde.

Montaine :

Difficile pour moi d’écrire seulement quelques mots sur la parenthèse enchantée que fut cette semaine en Mauritanie. Je n’arrive pas à choisir un moment, un souvenir ni une journée, donc je préfère dire ce que j’en ai ramené :

Des belles leçons de thé vert, une (non deux !) tendinites, des images d’horizons infinis gravées dans la mémoire, et surtout le cœur plein de gratitude et d’amour. On y retourne la bande à Adrar ??

Ulrique :

Ma semaine en Mauritanie, ce sont trois moments forts, dont deux rêves de gosse : Marcher dans le sable du désert. Monter sur un chameau. La rencontre avec Maitre Boydya, ce guide si humaniste, si érudit, une rencontre vraiment magnifique.

Ma grande surprise fut l’émotion éprouvée en quittant l’oasis de M’Haireth, en remontant la côte avec tous les enfants qui nous suivaient. J’étais bouleversée, j’ai pris beaucoup de photos de l’oasis qui devenait de plus en plus petite derrière nous. Je suis née en Algérie dans une oasis. Je n’en ai pas de souvenirs car j’en suis partie à l’âge de 2 ans, mais j’ai en tête tout ce que mes parents m’en ont raconté et c’était un fantasme.

Autre belle surprise : notre groupe. Nous avons tout de suite formé un groupe très uni, et je me suis étonnamment sentie misanthrope sur la fin, à l’oasis de Terjit : je n’avais pas envie de voir d’autres gens. Je ne m’y attendais pas mais je ne voulais pas qu’on se quitte, j’étais très triste de partir, j’avais l’estomac noué.

J’en suis revenue avec une énorme réserve d’énergie et de sérénité. Des images me reviennent et me rendent forte. Cela m’aide énormément dans mon travail.

Et pour terminer sur quelques anecdotes drôles :

La guigne du couple Michon : entre les attaques répétées des acacias pour moi et pour Pascal, le lit qui s’effondre la première nuit à l’auberge Nouatil, puis la toile de tente qui lui tombe sur la tête la nuit de grand vent… Il fallait que cela cesse !

« Boulah… ! », je croyais que c’était une expression arabe, et non un prénom, vu la façon dont Mohamed le disait !

Stéphanie :

Ce voyage a été bien au-delà de ce que j’avais imaginé. Cette rencontre avec le désert et la vie nomade ont été d’une rare intensité :

  • La magie de l’horizon qui s’approche à la seule force de nos jambes
  • Les lumières incroyables
  • Mon étonnement face à ces paysages sans aucune odeur
  • Ma joie d’entendre l’eau qui coule en arrivant à Terjit
  • La course de la ceinture d’Orion au fil de la nuit sous laquelle il fait bon dormir
  • Notre guide d’une rare humanité
  • Le sentiment d’immense gratitude avec lequel j’ai vécu cette semaine de marche : d’être là, de vivre cela, d’avoir ces six dans ma vie  

    Merci à tous pour votre accompagnement durant ces 10 épisodes, vos contributions, photos et commentaires.

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